Histoire

1761-1791

Une boutique aux allures de fermette

Un jour de l’année 1760, un jeune garçon de Coulommiers débarque à Paris avec un diplôme d’épicier qu’il vient de recevoir des mains du procureur du Roi... Pierre Jean-Bernard est un jeune épicier originaire de Coulommiers. Au début des années 1760, il s’installe à Paris, au 35, rue du Faubourg Montmartre, pour y fonder son commerce puis sa famille. La boutique se trouve au cœur d’un quartier au charme encore tout campagnard, mais en plein développement et de plus en plus prisé par la belle société parisienne de l’époque.

1791

Jean-Marie Bridault prend la succession de son beau-père à la tête de l’établissement

Les Bernard ont trois filles, qui grandissent avec le quartier. En pleine tourmente révolutionnaire, Jeanne épouse le fils d’une grande famille d’épiciers de la rue Saint-Antoine, Jean-Marie Bridault. Celui-ci prend la succession de son beau-père à la tête de la boutique du Faubourg Montmartre.

1807-1856

La Maison revient à Marie-Adélaïde Bridault.

Commence alors un âge d’or grâce à celle qui restera dans l’histoire comme «La mère de famille»

1810

Le grand critique gastronomique Grimod de la Reynière s’enthousiasme pour la Maison de la veuve Bridault dans son Almanach des Gourmands.

Alexandre Grimod de la Reynière est le père de la critique gastronomique et le génial inventeur de l’Almanach des Gourmands, premier véritable guide culinaire. Dans son édition de 1810, il consacre une pleine page à la jeune et jolie veuve Bridault, dont il loue les qualités d’épicière autant que la grâce et l’amabilité de sa personne.

Il termine cet élogieux portrait en recommandant chaleureusement l’établissement à ses lecteurs. Sous la plume de Grimod, À la Mère de Famille vient de rentrer dans l’histoire gourmande de Paris.

1825

À la Mère de Famille est une affaire florissante, au cœur d’un quartier à la mode.

Ferdinand Bridault grandit dans la boutique et apprend le métier au contact de sa mère, la veuve Bridault, qu’il remplace lorsque celle-ci décide de se retirer. Aux côtés de son épouse Joséphine Delafontaine, ils font de la «Maison Bridault-Delafontaine» une épicerie fine à la mode, au cœur d’un quartier qui a désormais la faveur des écrivains et musiciens de la capitale.

1856

À la Mère de Famille se tourne de plus en plus vers la confiserie.

Avec la démocratisation du sucre, permise par le développement du sucre de betterave, la confiserie prend de plus en plus d’importance au sein de la Maison. À la mort de Ferdinand Bridault, ses deux filles en confient l’exploitation à des épiciers confiseurs d’expérience. Ils accompagnent la transformation de l’épicerie d’ancien régime en une épicerie confiserie moderne.

1895

Georges Lecœur acquiert À la Mère de Famille, la boutique de ses rêves

C'est ce personnage hors normes qui va donner un nouvel élan à la boutique : Georges
Lecœur fait rénover la façade, édite les premières publicités et brochures, fait installer le téléphone...
À la Mère de Famille est désormais prête pour la Belle Epoque, qui met Paris en effervescence. Le quartier devient un lieu incontournable de la fête à Paris grâce aux Folies Bergère, dont les danseuses raffolent des confiseries de la Maison depuis bientôt 150 ans !

1906

Les produits de la Maison sont mis à l’honneur lors de l’Exposition Culinaire Internationale de Paris

Georges Lecœur ne transige pas sur la qualité de ses produits. Ses confitures surfines maison sont réputées et sont récompensées à deux reprises à l’Exposition Culinaire Internationale de Paris. Il va également encourager les innovations gourmandes et faire venir des produits exceptionnels du monde entier : Hopjes de Hollande, Thé de Chine, Ananas de Singapour, chocolat de la compagnie coloniale...

1920

Georges Lecœur transmet À la Mère de Famille à son apprenti, Régis Dreux

La Première Guerre mondiale éclate et Régis Dreux, apprenti et ami de Georges Lecœur, est envoyé au front. Il survit aux tranchées et prend la direction de l’établissement à son retour à Paris. La famille Dreux veille ainsi sur la boutique et fait vivre ses vitrines au gré des saisons : animaux en chocolat à Pâques, fruits secs et confits à Noël, bonbons de toutes les régions de France en été...

1934

À la Mère de Famille accueille Suzanne, une fillette de 12 ans

Régis Dreux décède en 1931 et la boutique revient à sa fille et son mari, les Legrand. Sans enfants, ceux-ci accueillent trois ans plus tard leur petite cousine orpheline, Suzanne, afin de lui transmettre leur savoir- faire et lui confier plus tard la précieuse Maison. Suzanne ne quittera la rue du Faubourg Montmartre qu’en 1985, après une vie au service de la boutique.

1950

Suzanne et Albert Brethonneau reprennent l’établissement

À l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, le quotidien reprend ses droits. Suzanne épouse Albert Bretonneau, arrivé comme apprenti en 1946. Ils reprennent À la Mère de Famille aux Legrand et font de la Maison un temple de la tradition gourmande : la plupart des produits vendus par Georges Lecœur au début du siècle le sont toujours près de cinquante ans après.

1984

Un patrimoine préservé et reconnu

Intacte depuis la fin du XIXe siècle, la boutique attire tous les gourmands, mais aussi les nostalgiques et les passionnés d’histoire. Elle inspire toujours les artistes, comme les acteurs à l’affiche des théâtres du quartier, qui lui sont fidèles, ou encore le peintre André Renoux, qui lui consacre même une toile. La même année, la devanture est inscrite aux monuments historiques.

1985

Serge Neveu, artisan chocolatier, fait de la Maison À la Mère de Famille une référence du chocolat à Paris

L'heure de la retraite arrivée, les Brethonneau choisissent avec attention leur successeur.
Il s'agit de Serge Neveu, tombé lui aussi sous le charme authentique du lieu. Il poursuit l’aventure de l’établissement en y imprimant durablement son amour du chocolat. Ses créations prennent alors place dans les vitrines, aux côtés des références intemporelles de la boutique.

2000

La succession de Serge Neveu est encore une fois une histoire de coup de cœur.

Etienne Dolfi et ses quatre enfants, Sophie, Jane, Jonathan et Steve, perpétuent depuis 2000 la tradition de la boutique : le travail en famille, la recherche permanente de savoureuses nouveautés et le respect pour ce lieu unique et chargé d’émotions.

2017

Un rapprochement historique.

La famille Dolfi est fière d’associer son avenir à celui de la Maison Stohrer et célèbre l’union de la plus ancienne pâtisserie de Paris (1730) avec À la Mère de Famille, plus ancienne chocolaterie de Paris, dans son giron depuis déjà dix-sept ans.

2018

À la Mère de Famille et Stohrer inaugurent leur première demeure en plein cœur du 7e arrondissement.

L\’écrin de ces deux Maisons historiques qui célèbrent la gourmandise depuis le XVIIIe siècle se situe au 35 rue Cler et concrétise le rêve de la famille qui réunissait il y a un an les deux institutions parisiennes. La petite boutique À la Mère de Famille de la rue Cler se déplace de quelques numéros alors que les mythiques pâtisseries Stohrer traversent la Seine pour la première fois !

À 257 ans, À la Mère de Famille est plus vivante que jamais.

Avec une boutique en ligne et de nouvelles adresses aux quatre coins de Paris, dans l’esprit de la Maison historique du 35, rue du Faubourg Montmartre, À la Mère de Famille est toujours le paradis des gourmands.

Nos chefs apportent aujourd’hui leur savoir-faire et leur créativité à l’incroyable palette de gourmandises que la Maison confectionne elle-même dans ses ateliers : bonbons de chocolat, pâte à tartiner, confiseries, pâtes de fruits, glaces, macarons, cakes… Tout produire soi-même et maîtriser le processus du début à la fin, c’est garantir la régularité, les qualités gustatives et l’excellence de s produits. La Maison sélectionne ainsi les matières premières, transforme le cacao en chocolat et les fruits secs en praliné, elle développe ses propres recettes et améliore sans cesse la qualité.